François Guilbaudeau a été amené à acheter un terrain à Saint-Etienne-de-Montluc pour construire une gendarmerie et à la louer pendant plusieurs décennies.
En 1907, le Conseil Général de Loire-Atlantique est interpellé par le Commandant de la Gendarmerie du département pour qu’une gendarmerie soit construite de manière urgente. L’année précédente des propositions avaient été faites mais le prix avait été jugé trop élevé. François Guilbaudeau propose une construction neuve sur un terrain de 30 ares et une location annuelle de 1925 francs. Cette proposition est acceptée.
Le Phare de la Loire rapporte le fait dans son édition du 23 août 1907.
François était passé auparavant chez le notaire pour faire une promesse de vente à Julien Mabilais pour le terrain prévu pour la construction à la condition que le Conseil Général accepte son offre. Le 27 décembre 1907 l’acte de vente est passé chez Maître Tirribillot, notaire à Saint-Etienne-de-Montluc. Le terrain est décrit comme « à prendre du côté sud dans une parcelle de terre en labour située près le bourg dans le Cohard, ladite parcelle contenant en grand 39 ares et bornée au sud la route et mur mitoyen avec la communauté des Frères, levant la dite communauté, mur mitoyen, à l’ouest Madame Simon, au nord Mr Dugas« . Le prix est fixé à 2800 francs.
Le terrain est cadastré N 353, en rouge dans l’image suivante:

François va alors partir avec des ouvriers pour la construction. Grâce à des lettres envoyées à sa femme, nous pouvons suivre l’avancée des travaux. Ainsi en Octobre 1908 il écrit du château du Coteau à Saint-Etienne (un lieu-dit s’appelle le Coteau à moins de 200 mètres du chantier) que « le wagon de chaux hydraulique était en gare que nous avons déchargé aussitôt; il y avait 285 sacs (70 sont déposés au chantier couvert avec la bâche et le reste dans la remise du château)« . Ils sont en train de creuser un puits: « Je suis content car nous aurons un puits de 1er ordre et pas profond qui pourrait alimenter un village entier […] Aujourd’hui nous avons fait le nivellement de la cour et conduit la bonne terre dans le jardin« . Au mois de novembre il écrit « tout le monde est gai et bien portant; tous les soirs après notre souper Michaud fait quelques minutes comiques qui nous fait rire à gorges déployées« . Il compte rentrer à Bouaye le samedi soir mais ne sait pas combien de temps il restera. Le 16 décembre il dit que sauf imprévu ils rentreront à Bouaye à Noël. Le 20 décembre « le puits est finit et maçonné jusqu’en haut. Notre puits n’est pas un puits, c’est une vraie citerne d’une grandeur extraordinaire et plein d’eau. Si le temps continue mon chantier va marcher plus vite que je voudrais« . A priori sa mère et sa belle mère les ont accompagnés à Saint-Etienne car François écrit qu’elles ont préparé des lapins le midi.
Les recensement de 1911 à 1936 nous indiquent qu’il y avait entre 4 et 5 gendarmes qui habitaient dans la gendarmerie: un supérieur (brigadier, maréchal des logis ou adjudant) et 3 ou 4 gendarmes. Avec leurs familles, il pouvait y avoir jusqu’à 23 personnes.
La donation-partage de 1937 décrit la caserne de la façon suivante: « Cinq logements de gendarmes dont un de quatre pièces avec bureau; les quatre autres de trois pièces chacun. Cour, puits et pompe. Cinq caveaux, deux chambres de sureté, écurie, sellerie, infirmerie, buanderie, salle de bain et jardin« .
Une carte postale montre la gendarmerie, sans doute entre les 2 guerres:
https://www.retrophoto.fr/france/saint-etienne-de-montluc/57897/route-du-temple-la-gandarmerie-6424049
La gendarmerie est la deuxième maison sur la droite.
A priori cela correspond actuellement au 28 rue du Temple.
Les 2 fils de François Guilbaudeau, Francis et Henri, vont hériter de la gendarmerie lors d’une donation-partage de 1937. Henri la vendra à Monsieur Bourles le 18 novembre 1976 et un terrain à Monsieur Daubigné le 12 janvier 1979.