Rue de l’ancienne église

La famille Guilbaudeau possédait plusieurs maisons rue de l’ancienne église à Bouaye entre les numéros 23 et les numéros 29 ainsi que le chantier sur l’actuelle place Francis Guilbaudeau.

Jusqu’au milieu du XXème siècle le centre de Bouaye se limitait à 2 rues: la rue de Nantes et la rue de l’église (également nommée route du Pellerin). Le reste de la population se répartissait dans les nombreux villages de la commune.

Dans la donation-partage de 1937 des 3 enfants du couple François Guilbaudeau et Henriette Richardeau, les maisons suivantes sont listées dans la rue de l’église:

  • au n° 23, une maison avec 3 pièces au rez-de-chaussée, un étage avec 3 pièces et un grenier; écurie et jardin à la suite avec un poulailler
  • au n° 25, une maison avec un couloir, un porche et 2 petites pièces au rez-de-chaussée, 4 pièces au premier étage; petite cour à l’est avec buanderie et pompe, un petit jardin, WC
  • au n° 27, une maison récente avec un sous-sol (3 pièces servant de caves et un garage), au rez-de-chaussée 4 pièces plus un cabinet de toilette, à l’étage 2 pièces et un grenier; jardin vers l’est avec WC
  • au n° 29, une maison en construction (en 1924 la description indique une maison avec bâtiments de servitude, cour, puits et pompe, un jardin derrière); cette maison sera louée par Maurice Emon jusqu’à son décès en 1982
  • également un garage avec un hangar, un puits et un jardin, le tout servant à l’entreprise de maçonnerie des frères Francis et Henri Guilbaudeau
  • un peu plus loin au n° 41, une maison à usage de buvette tenu par la famille Perruchas puis plus tard par Raymond Hamon et sa femme

Un dessin sur un acte de 1898 montre les différentes maisons à cette époque (en rouge):

Ces maisons et leurs terrains viennent essentiellement de la famille d’Henriette Richardeau ainsi que de la famille Mossard (sa grand-mère) qui ont détenus ces terrains depuis au moins le milieu du XIXème siècle. En particulier, celle du n° 29 a été vendue en 1924 par François Richardeau, frère de Henriette, qui était sourd-muet de naissance. Son beau-frère achète ses biens (dont une maison au village du Tour) en échange de « loger, nourrir, vêtir et entretenir François Richardeau vendeur pendant le reste de sa vie, à lui donner enfin tous les soins qui lui seront nécessaires tant en santé qu’en maladie« .

Une photo aérienne issue de la brochure « Le bourg de Bouaye après-guerre » édité par Bouaye Histoire:

Ainsi qu’une carte postale de la même rue (les bâtiments de l’entreprise se situant à peu près au niveau des cyclistes sur la gauche):

On retrouve régulièrement au XIXème siècle des jugements au tribunal de paix sur des conflits entre voisins pour des droits de passages entre ces différentes maisons. Par exemple, en 1876 Joséphine Mossard, charcutière, est assignée en justice par la famille Leray. Un plan des lieux est effectué à cette occasion.

Joséphine Mossard possède la maison A, la famille Leray la maison C et Monsieur Saint-Lô la maison E. Le passage indiqué E est très important car il permet de rejoindre les Quartrons (aujourd’hui l’impasse de la Pommeraie) où se trouvent de nombreux jardins. Joséphine Mossard a fait récemment installer une porte dans ce passage empêchant Leray d’y passer. 50 ans auparavant il y avait déjà eu des problèmes sur ce même endroit ! Des actes mentionnés dans le jugement indiquent que des maisons existaient au même endroit au début des années 1800, déjà détenues par les familles Mossard et Leray.